Toute l'actualité du CELT : conférences, revue Études Touloises, prix Moselly...

jeudi 16 avril 2026

Retour sur la conférence du 14 avril 2026

   Dans sa conférence Anomalies morphologiques et autres curiosités végétales sous-titrée « Quand la nature n’en fait qu’à sa tête ! », Paul Montagne a présenté 8 catégories de caprices de la nature.

  Le public attentif a pu s’étonner devant des photographies de fleurs modifiées de l'Ophrys abeille normal, d’autres fleurs partiellement ou totalement blanches alors qu’elles devraient être rouges (Orchis pyramidal), violettes (violette), bleues (ancolie)…

   Un phénomène normal chez certaines espèces, peut être observé inhabituellement sur d’autres (apparition de liège sur les tiges d’orme champêtre ou d’érable champêtre).
   Des formes exubérantes des tiges, fleurs… donnent aux espèces fasciées des silhouettes fantastiques… (carline, chicorée sauvage, pissenlit…)
   Par ailleurs, des fantaisies sur le mode de reproduction peuvent être rencontrées, ou des anomalies dans laquelle les pétales sont remplacés par des feuilles, et sur la présence de galles (galle du chêne, bédégar sur l’églantier…)
 
   Suite à l’exposé, l’auditoire a pu poser des questions et partager ses observations personnelles.
 
Phyllodie d'une ronce

Fasciation d'un cirse commun
 
Galle chevelue (bédégar) sur un églantier

Un article détaillé sur le sujet est consultable sur le site de Paul Montagne en cliquant ICI

mardi 7 avril 2026

Conférence du 14 avril 2026

Anomalies morphologiques et autres curiosités végétales
Par Paul Montagne
 
Découvrir chez une plante ce qui est digne de curiosité, qui est étrange ou remarquable… Observer ce qui est anormal et fait exception à la règle… 
Curiosités et anomalies végétales peuvent être de forme, de couleur, de développement. Elles peuvent être liées à une surexpression génomique insolite, une modification génétique propre à l’individu ou la conséquence de virus, bactéries, parasites ou insectes… Une fleur blanche normalement bleue, un tronc inhabituellement recouvert de liège, une fleur qui ne s’ouvre pas, une espèce vivipare, une tige ou une fleur « monstrueuse » … 
 
Quand la nature n’en fait qu’à sa tête !
 
Fasciation chez Carlina vulgaris

Salle des adjudications, cour de l'Hôtel de Ville
20h30
Entrée libre 
 

mardi 31 mars 2026

jeudi 26 mars 2026

Retour sur la sortie du 22 mars 2026

    Une très belle journée printanière en ce dimanche à la cité d’Affrique de Ludres, en bordure du plateau de Haye. À tel point que nous aurions pu nous croire en sortie botanique tant la nature nous offrait ses merveilles : tapis d’anémones des bois, bouquets de violettes, verts tendres et belle lumière ! Mais aussi, la surprise d’une flaque d’eau emplie de belles grappes d’œufs de crapauds, bercés par la mélodie des chants d’oiseaux…la bonne humeur était donc palpable ! Pourtant nous venions découvrir, ou redécouvrir, les traces de nos ancêtres les CELT’s. 



La nature printanière le long des 6 km de balade guidée
 
 
    Guidés par Pierre Claudotte, président du Cercle des Études Locales de Ludres, nous nous sommes tout d’abord rendus devant le front de taille de la carrière calcaire de la Castine, exploitée de 1891 à 1920. Là fut aussi évoquée l’extraction de la fameuse « minette » car le calcaire de la carrière fut utilisé dans la fonderie comme fondant et épurateur pour le minerai de fer. Les mines de Ludres furent exploitées de 1848 à 1934 et servirent notamment à édifier la tour Eiffel.

    Nous avons ensuite rejoint la remarquable enceinte du camp celtique de la cité d’Affrique (475 à 320 avant J. C.). Elle se compose de deux levées de terre actuellement hautes de 10 m reposant sur un lit de chaux et séparées par un fossé. Les habitations s’étendaient le long du rempart sur 1 200 m de long.

    Le site s’étend sur 14 hectares et fut partiellement fouillé entre 1980 et 1988 sous la direction de Jean-Paul Lagadec. Les objets mis à jour témoignent d’une importante activité économique tournée vers la métallurgie (bronze puis fer), la confection de vêtements, le travail du bois et de la céramique. Les échanges s’étendaient à l’Europe entière, de la Baltique à la grande Grèce. Les découvertes furent déposées au musée de Toul où une vitrine leur est consacrée. Les dernières recherches supputent que le site par son importance relevait d’un prince dont l’autorité s’étendait jusque sur la riche plaine agricole du Saintois. 


Notre guide Pierre Claudotte devant une armée d'ombres attentives aux explications relatives à la carrière de la Castine
 
 
Quelques obstacles sur le chemin
 
 
Un groupe dynamique et attentif au cœur du camp d'Affrique
 


mercredi 11 mars 2026

Sortie printanière sur le thème du fer

LE CELT propose une sortie d’un après-midi.

 
Rendez-vous le dimanche 22 mars à 14h15 au parking de la Michonnette, départ en co-voiturage à 14h30.
La visite de la Cité d’Affrique (oppidum bâti au premier Âge du Fer) sera dirigée par le président du Cercle d’Études de Ludres sera suivie par la visite des sites des mines de fer de Ludres.

Coût de la sortie : 5€ par personne

Inscriptions à retourner pour le 18 mars 2026 auprès du CELT - 25 rue Gouvion-Saint-Cyr à TOUL

Renseignements : 06 63 54 34 69

Téléchargement du bulletin d'inscription ICI.

Retour sur la conférence du 10 mars 2026

    
     

Benoît Taveneaux, ancien président du musée de Saint-Nicolas-de-Port


    L’histoire de la bière est très ancienne comme l’atteste la découverte en Israël des vestiges d’une brasserie datant de 13 000 ans. L’extension de la fabrication de ce breuvage (cervoise avant que l’introduction du houblon lui confère le nom de bière) progresse et atteint la France il y a environ 2 500 ans comme le montre la découverte de grains d’orge maltés en Provence. Le nombre de brasseries explose après la Révolution, suite à l’abolition des privilèges.
    En Lorraine, de nombreuses brasseries voient le jour au XIXe siècle, à Metz, Charmes, Bar-le-Duc, Champigneulles, Saint-Nicolas-de-Port, Tantonville… Celles-ci bénéficient des nouveaux modes de transport (le rail permettant d’aller plus loin que les véhicules hippomobiles) facilitant la vente de cette boisson jusqu’à la région parisienne ainsi que la fourniture en orge depuis la Champagne.
    À la fin du XIXe siècle, la Lorraine était la première région française productrice de bière de fermentation basse et comptait plus de cent brasseries en 1890. Parallèlement, les méthodes de brassage évoluent permettant l’amélioration du produit ainsi que sa conservation.
 
Affiche publicitaire- Victor Prouvé
 
    Les brasseries ferment progressivement à l’issue des deux guerres mondiales. Néanmoins, les techniques sont enseignées à Nancy dans l’école de brasserie et de malterie initialement située rue Granville, actuellement regroupée au sein de l’ENSIA avec les écoles de laiterie et agronomie sur le campus de Brabois. Un centre de recherche, I.F.B.M. (Institut Français des Boissons, de la Brasserie et de la Malterie) s’est ouvert à Vandœuvre-lès-Nancy, au Bois de la Champelle.
    La Lorraine redevient un haut lieu de la brasserie française. Il est possible de visiter trois musées lorrains : le musée Français de la Brasserie à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle), l’écomusée vosgien à Ville-sur-Illon (Vosges), le musée de la Bière à Stenay (Meuse).
    En outre, la région a vu s’ouvrir, ces dernières années, de nombreuses microbrasseries artisanales ou associatives, telles la Brasserie Cheval à Toul et celle du Chaudron à Chaudeney-sur-Moselle dans le Toulois. Alors que la moyenne était de 27 par département français, la Meurthe-et-Moselle en a compté jusqu’à 40.
    Dans Toul, ville de garnison qui était une grosse consommatrice de bière, le témoin de son histoire brassicole est encore visible en ville. 
  
Brasserie de Toul, rue Joly 

Faïence sur la façade de la brasserie de Toul

 
Symbole du brasseur, cette étoile évoque l'air, le feu et l'eau nécessaires à sa fabrication. Elle ne doit pas être confondue avec l'étoile de David. Elle est encadrée par des cônes de houblon et des brins d'orge.
(Façade de l'hôtel-brasserie de la Comédie, rue Gambetta à Toul)
 
Gambrinus, faïence de Toul Bellevue (Brasserie restaurant du Commerce, rue de la République à Toul)

mercredi 4 mars 2026

Conférence du mardi 10 mars 2026

Histoire de la bière en Lorraine
 
par
 
Benoît Taveneaux, 
ancien président du Musée Français de la Brasserie de Saint-Nicolas-de-Port
 
Photo Est Républicain

 Toul, 20h30, salle des adjudications (cour de l'Hôtel de ville)
Entrée libre et gratuite 

dimanche 22 février 2026

Études Touloises n°195

La version numérique est disponible aux abonnés, la revue papier est disponible en kiosque, librairie et chez les abonnés.
 
 Au sommaire : 
  • Les maires de Toul (1944-1971), Gérard Howald (dernier chapitre)
  • La situation de Toul à la veille de la Révolution, Jean-Paul Aubé
  • Actualité du musée, Philippe Masson
  • Règlement du prix Moselly 2026
 Les articles du 191 sont en ligne sur le site de la revue.

jeudi 12 février 2026

Retour sur la conférence du 10 février 2026

Saint-Just Péquart, mécène et collectionneur de l’École de Nancy

Conférence présentée par Étienne Martin, historien

    Le prénom de Saint-Just ne prédispose sans doute pas à la banalité. Et c’est un auditoire littéralement captivé qui a pu découvrir le parcours exceptionnel de Saint-Just Péquart lors de la conférence donnée le 10 février par Étienne Martin.

    Tout commence (presque) comme un conte de fées : un jeune bourgeois d’Épinal, beau, intelligent, est envoyé à Nancy pour ses études universitaires. Là, il fait la connaissance de Berthe César, dont il tombe amoureux, les deux jeunes gens partageant une passion commune pour la littérature et les arts. Dans le même temps, alors qu’il est âgé d’à peine vingt ans, Saint-Just hérite de la fortune de son père, riche entrepreneur décédé prématurément. Hélas ! La mère du jeune homme s’oppose farouchement à cette union, et nos deux tourtereaux devront attendre cinq (longues) années avant de pouvoir convoler. Par dépit (peut-être) Saint-Just dédaigne de reprendre l’entreprise paternelle, et se tourne vers la quincaillerie fondée par ses grands-parents à Nancy. Il manifeste malgré son jeune âge un esprit d’entreprise indéniable. Sous sa direction, l’établissement se modernise, s’accroît, se diversifie, assurant ainsi au couple, et de manière définitive, une fortune considérable.
    S’ouvre alors pour l’industriel une vie de mécène et de collectionneur qui ne prendra fin qu’à sa mort (tragique). Il soutient les artistes de l’École de Nancy, encourage la création, met en lumière les talents cachés, et meuble richement sa maison de Champigneulles puis de Laxou (l’actuelle mairie) où le couple reçoit avec la plus grande générosité.
    À partir des années 1930, Péquart se passionne pour l’archéologie et va désormais mener chaque année des campagnes de fouilles d’abord à Carnac puis en Ariège. Loin du dilettantisme de ses contemporains dans ce domaine, il met en place des méthodes scientifiques très rigoureuses qui le font rapidement reconnaître et estimer par les plus grands professionnels. Son traité sur les techniques de fouilles bouleverse les pratiques traditionnelles et continue aujourd’hui encore de faire autorité.
    Cette brillante carrière connaît hélas une fin brutale à la fin de la seconde guerre mondiale. Accusé (à tort ?) de sympathies pour la milice, Saint-Just Péquart est condamné à mort puis fusillé aux termes d’un procès expéditif.
    Sans qu’aient tenté aucunement d’intervenir en sa faveur ceux qu’il avait généreusement soutenus dans leurs débuts difficiles… 
 

mercredi 11 février 2026

Prix Moselly 2026 - Règlement

 Règlement du prix Moselly 2026

  1- Objet

Le prix Moselly est un prix littéraire qui consiste en un concours de nouvelles organisé par le Cercle d'Études Locales du Toulois (CELT). Il a été créé en 1949 afin d'honorer la mémoire de l'écrivain toulois Émile Chenin dit Moselly (1870-1918), prix Goncourt en 1907.
 
 2- Conditions
1.      Le prix est ouvert à tous, à l'exclusion des anciens lauréats.
2.      Le thème de la nouvelle devra évoquer la Lorraine. Il pourra être une œuvre d’imagination ou bien s’inspirer de faits contemporains ou passés, de lieux ou de personnages historiques...    
3.      Contrainte supplémentaire cette année : introduire dans le texte : « j’avais l’impression d’avoir trente ans de plus »         
4.      Le texte sera inédit et écrit dans une langue correcte, sans illustration.
5.      Il ne doit pas avoir déjà été primé, ni être présenté simultanément à un autre concours.
6.   Il n’est pas demandé d’imiter le style de Moselly. Outre le respect du règlement, les critères d’évaluation portent sur l'originalité du sujet choisi, le style, la vivacité du texte, la chute bien amenée.
7.    Les participants sont autorisés à présenter plusieurs nouvelles. Chaque texte fera l'objet d'un envoi distinct.
8.   Toute utilisation d’intelligence artificielle générative (pour tout ou partie du texte soumis) est strictement interdite.
 
 3- Présentation du texte 
Le texte sera expédié en deux formats : un format numérique
- Le format papier sera envoyé en 3 exemplaires.
- Il sera présenté sur feuillets A4, imprimés recto verso et simplement agrafés.
- Dans une police de caractère sobre et de taille raisonnable : de préférence Times New Roman, corps 12, non gras, non italique, interligne simple.
- Il devra compter de 15 000 à 23 000 caractères, espaces comprises.
- Les pages seront numérotées et le titre sera inscrit en haut de la première page.
- Le format numérique du texte sera envoyé en pièce jointe sous Word ou sous Open office.
- Le courriel devra comporter les coordonnées du candidat identiques à celle du contenu de l'enveloppe ci-dessous.
 
 4- Anonymat
- Le jury statue sans connaître le nom des auteurs. De ce fait, les écrits ne devront pas être signés.
- Le titre de l'œuvre sera mentionné sur une enveloppe ordinaire à l’intérieur de laquelle le candidat indiquera le titre de la nouvelle, son nom, son adresse, sa profession, son numéro de téléphone et son adresse électronique. Cette enveloppe, soigneusement cachetée, ne sera ouverte qu’à l’issue des délibérations du jury.
 
 5- Frais de participation
- La participation est de 10 € par nouvelle envoyée.
- Le chèque de 10 €, libellé à l'ordre du CELT, ne sera pas placé dans l'enveloppe d'identification.   
- Le règlement par virement est possible ; le RIB est à demander à la secrétaire par courriel (à mentionner dans l’objet du courriel).
 
 6- Envoi des nouvelles
- Les documents (3 exemplaires du texte + chèque + enveloppe fermée avec les coordonnées) devront parvenir à la secrétaire pour le 1er septembre 2026, dernier délai.
- Toute candidature qui parviendra au-delà de cette date sera refusée.
- Tout envoi incomplet sera refusé.
- La candidature est validée lorsque les deux envois sont reçus (numérique et papier). Une confirmation sera alors adressée au candidat.
- Adresse d’envoi des documents au format papier, en envoi simple ou lettre suivie. 
 
Corinne FLORENTIN / Secrétaire du Prix Moselly
 2 rue Commandant HUCK
 54200 TOUL 
 
- Adresse d'envoi des documents au format numérique : 
   
                  prix.moselly@gmail.com
 
7- Résultats
- Il n’y a qu’un seul lauréat.
- Si le jury ne trouve pas la qualité attendue dans les textes reçus, le prix ne sera pas décerné.
- Le résultat sera communiqué au lauréat courant novembre, par téléphone, à l’issue de la réunion du jury et sera publié dans la presse locale.
- Tous les autres participants seront informés par courriel du titre de la nouvelle primée et de l'identité du lauréat. Il leur sera toujours possible de concourir les années suivantes en présentant de nouveaux textes.
 
8- Remise du prix 
- Le prix sera remis au lauréat, ou à son représentant,
- Le montant du prix octroyé par la Ville de Toul est de 500 €.
- Le lauréat recevra un diplôme original.
 
9- Publication 
- Le texte primé sera publié, et éventuellement illustré, dans Études Touloises, revue trimestrielle du CELT, et sur le site
- Études Touloises possède l'exclusivité du texte pendant un an.
- Passé ce délai, le lauréat pourra publier sa nouvelle à son gré.
- Le lauréat recevra 5 exemplaires de la revue contenant son texte.
- Le lauréat autorise la citation de son nom et la publication de sa photo.
- Le participant qui aurait plagié assumera seul les risques encourus.
 
 10- Divers 
- Le jury décline toute responsabilité en cas d'envoi égaré ou reçu hors délai.
- Les délibérations du jury sont confidentielles et ses décisions souveraines. Aucune contestation ne sera admise.
- Le fait de participer au concours implique l’acceptation de chacun des articles de ce règlement.
- Les documents reçus ne seront pas retournés à leurs auteurs. Un exemplaire de chaque envoi sera archivé pour le CELT à la bibliothèque du Musée d'Art et d'Histoire Michel-Hachet de Toul.
 
oOo 
 
Le règlement est téléchargeable sur le site des Études Touloises ou en scannant le QR Code suivant :
 
 

 

mercredi 21 janvier 2026

Assemblée générale du CELT

 Le Cercle d’Études Locales du Toulois (CELT) vous convie à assister
à l’assemblée générale extraordinaire et
à l’assemblée générale ordinaire annuelle le
 
Mardi 27 janvier 2026 – 19 heures
 
Salle des Adjudications, cour de l’hôtel de ville

   

Ordre du jour :
Assemblée Générale Extraordinaire :
  • Mise à jour des statuts de l’association
Assemblée Générale Ordinaire :
  • Rapport moral et d’activités 2025
  • Rapport sur le Prix Moselly
  • Rapport sur les Études Touloises
  • Rapport financier du CELT
  • Rapport financier des Etudes Touloises
  • Rapport du vérificateur aux comptes pour le CELT et les Etudes Touloises
  • Projets pour 2026
  • Élection des membres du conseil d'administration
  • Questions diverses
L’association est à la recherche de son nouveau trésorier.
Nous lançons un appel aux candidats pour cette charge qui peut paraître fastidieuse mais est, de parole d’ancien, fort intéressante et peu chronophage !
Nous terminerons par un verre de l’amitié convivial.

Retour sur la conférence du 14 janvier 2026

De l’aéronautique militaire en 1917 à la création de l’armée de l’Air en 1934
Colonel (H) Pierre-Alain Antoine
 

Avec l’aisance verbale et l’érudition qu’on lui connait, le colonel (H) Pierre-Alain Antoine est revenu sur l’histoire de l’arme aérienne entre les deux guerres mondiales et aux conséquences qu’eut l’accident mortel du ministre Bokanowski à Toul sur la création de l’armée de l’Air.
 
Il rappelle en préambule que c’est bien le Français Clément Ader (1841-1925) qui fait décoller du sol un appareil motorisé plus lourd que l’air, baptisé Éole, pour la première fois au monde en 1890. L’année 1911 marque le début de l’organisation de l’aéronautique militaire. Trois années plus tard, en octobre 1914, les sous-officiers Frantz et Quénault remportent sur un avion Voisin la première victoire aérienne au monde face à un avion allemand. Malgré tout, nombre de responsables militaires restent circonspects sur l’usage guerrier de l’aviation, souhaitant limiter celle-ci à un rôle d’observation et de reconnaissance au bénéfice de l’Armée de Terre. Malgré ces oppositions, le Lunévillois Charles de Tricornot de Rose (1876-1916) parvient à créer la chasse. C’est le temps des as (5 victoires aériennes), tels Guynemer ou Fonck, l’as des as alliés, né à Saulcy-sur-Meurthe. Le conflit permet un formidable développement technique et quantitatif (4 500 appareils !) à l’aviation. En 1918, l’aviation militaire française est la plus importante au monde, à la pointe du progrès. Mais la volonté de préserver la paix retrouvée (« la Der des der »), la croyance en la supériorité militaire française, l’opposition farouche de l’Armée de Terre à l’indépendance de l’aviation, ont pour conséquences conjointes une diminution drastique des effectifs en hommes (militaires et ingénieurs) et en avions, un progressif retard technique et une lourde tutelle de l’Armée de Terre.
 
Maurice Bokanowski (1879-1928), ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes et de l’Aéronautique, est opposé à la création d’un ministère de l’Air. Le 2 septembre 1928, après une visite au président du Conseil Poincaré en son château de Sampigny, il doit repartir en avion du terrain de Toul-Croix de Metz pour gagner Clermont-Ferrand. Le ministre est en retard. Quand il arrive enfin, le moteur du Breguet n’est pas chaud. Qu’importe, l’avion décolle mais le moteur faiblit et le pilote tente un retour au terrain. La portance insuffisante cause l’écrasement de l’avion qui, empli d’essence, s’embrase et se consume en totalité. Aucun des passagers n’en réchappe. Moins de 15 jours plus tard, cette opposition disparue tragiquement, le ministère de l’Air est créé le 14 septembre 1928, mais il faut attendre 1934 pour voir naître une armée de l’Air indépendante. Ces retards pèseront dramatiquement lors des combats de 1940.


Avion Blériot-Spad, au centre, et stèle commémorative à Toul