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jeudi 26 mars 2026

Retour sur la sortie du 22 mars 2026

    Une très belle journée printanière en ce dimanche à la cité d’Affrique de Ludres, en bordure du plateau de Haye. À tel point que nous aurions pu nous croire en sortie botanique tant la nature nous offrait ses merveilles : tapis d’anémones des bois, bouquets de violettes, verts tendres et belle lumière ! Mais aussi, la surprise d’une flaque d’eau emplie de belles grappes d’œufs de crapauds, bercés par la mélodie des chants d’oiseaux…la bonne humeur était donc palpable ! Pourtant nous venions découvrir, ou redécouvrir, les traces de nos ancêtres les CELT’s. 



La nature printanière le long des 6 km de balade guidée
 
 
    Guidés par Pierre Claudotte, président du Cercle des Études Locales de Ludres, nous nous sommes tout d’abord rendus devant le front de taille de la carrière calcaire de la Castine, exploitée de 1891 à 1920. Là fut aussi évoquée l’extraction de la fameuse « minette » car le calcaire de la carrière fut utilisé dans la fonderie comme fondant et épurateur pour le minerai de fer. Les mines de Ludres furent exploitées de 1848 à 1934 et servirent notamment à édifier la tour Eiffel.

    Nous avons ensuite rejoint la remarquable enceinte du camp celtique de la cité d’Affrique (475 à 320 avant J. C.). Elle se compose de deux levées de terre actuellement hautes de 10 m reposant sur un lit de chaux et séparées par un fossé. Les habitations s’étendaient le long du rempart sur 1 200 m de long.

    Le site s’étend sur 14 hectares et fut partiellement fouillé entre 1980 et 1988 sous la direction de Jean-Paul Lagadec. Les objets mis à jour témoignent d’une importante activité économique tournée vers la métallurgie (bronze puis fer), la confection de vêtements, le travail du bois et de la céramique. Les échanges s’étendaient à l’Europe entière, de la Baltique à la grande Grèce. Les découvertes furent déposées au musée de Toul où une vitrine leur est consacrée. Les dernières recherches supputent que le site par son importance relevait d’un prince dont l’autorité s’étendait jusque sur la riche plaine agricole du Saintois. 


Notre guide Pierre Claudotte devant une armée d'ombres attentives aux explications relatives à la carrière de la Castine
 
 
Quelques obstacles sur le chemin
 
 
Un groupe dynamique et attentif au cœur du camp d'Affrique
 


mercredi 11 mars 2026

Sortie printanière sur le thème du fer

LE CELT propose une sortie d’un après-midi.

 
Rendez-vous le dimanche 22 mars à 14h15 au parking de la Michonnette, départ en co-voiturage à 14h30.
La visite de la Cité d’Affrique (oppidum bâti au premier Âge du Fer) sera dirigée par le président du Cercle d’Études de Ludres sera suivie par la visite des sites des mines de fer de Ludres.

Coût de la sortie : 5€ par personne

Inscriptions à retourner pour le 18 mars 2026 auprès du CELT - 25 rue Gouvion-Saint-Cyr à TOUL

Renseignements : 06 63 54 34 69

Téléchargement du bulletin d'inscription ICI.

Retour sur la conférence du 10 mars 2026

    
     

Benoît Taveneaux, ancien président du musée de Saint-Nicolas-de-Port


    L’histoire de la bière est très ancienne comme l’atteste la découverte en Israël des vestiges d’une brasserie datant de 13 000 ans. L’extension de la fabrication de ce breuvage (cervoise avant que l’introduction du houblon lui confère le nom de bière) progresse et atteint la France il y a environ 2 500 ans comme le montre la découverte de grains d’orge maltés en Provence. Le nombre de brasseries explose après la Révolution, suite à l’abolition des privilèges.
    En Lorraine, de nombreuses brasseries voient le jour au XIXe siècle, à Metz, Charmes, Bar-le-Duc, Champigneulles, Saint-Nicolas-de-Port, Tantonville… Celles-ci bénéficient des nouveaux modes de transport (le rail permettant d’aller plus loin que les véhicules hippomobiles) facilitant la vente de cette boisson jusqu’à la région parisienne ainsi que la fourniture en orge depuis la Champagne.
    À la fin du XIXe siècle, la Lorraine était la première région française productrice de bière de fermentation basse et comptait plus de cent brasseries en 1890. Parallèlement, les méthodes de brassage évoluent permettant l’amélioration du produit ainsi que sa conservation.
 
Affiche publicitaire- Victor Prouvé
 
    Les brasseries ferment progressivement à l’issue des deux guerres mondiales. Néanmoins, les techniques sont enseignées à Nancy dans l’école de brasserie et de malterie initialement située rue Granville, actuellement regroupée au sein de l’ENSIA avec les écoles de laiterie et agronomie sur le campus de Brabois. Un centre de recherche, I.F.B.M. (Institut Français des Boissons, de la Brasserie et de la Malterie) s’est ouvert à Vandœuvre-lès-Nancy, au Bois de la Champelle.
    La Lorraine redevient un haut lieu de la brasserie française. Il est possible de visiter trois musées lorrains : le musée Français de la Brasserie à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle), l’écomusée vosgien à Ville-sur-Illon (Vosges), le musée de la Bière à Stenay (Meuse).
    En outre, la région a vu s’ouvrir, ces dernières années, de nombreuses microbrasseries artisanales ou associatives, telles la Brasserie Cheval à Toul et celle du Chaudron à Chaudeney-sur-Moselle dans le Toulois. Alors que la moyenne était de 27 par département français, la Meurthe-et-Moselle en a compté jusqu’à 40.
    Dans Toul, ville de garnison qui était une grosse consommatrice de bière, le témoin de son histoire brassicole est encore visible en ville. 
  
Brasserie de Toul, rue Joly 

Faïence sur la façade de la brasserie de Toul

 
Symbole du brasseur, cette étoile évoque l'air, le feu et l'eau nécessaires à sa fabrication. Elle ne doit pas être confondue avec l'étoile de David. Elle est encadrée par des cônes de houblon et des brins d'orge.
(Façade de l'hôtel-brasserie de la Comédie, rue Gambetta à Toul)
 
Gambrinus, faïence de Toul Bellevue (Brasserie restaurant du Commerce, rue de la République à Toul)

mercredi 4 mars 2026

Conférence du mardi 10 mars 2026

Histoire de la bière en Lorraine
 
par
 
Benoît Taveneaux, 
ancien président du Musée Français de la Brasserie de Saint-Nicolas-de-Port
 
Photo Est Républicain

 Toul, 20h30, salle des adjudications (cour de l'Hôtel de ville)
Entrée libre et gratuite 

dimanche 22 février 2026

Études Touloises n°195

La version numérique est disponible aux abonnés, la revue papier est disponible en kiosque, librairie et chez les abonnés.
 
 Au sommaire : 
  • Les maires de Toul (1944-1971), Gérard Howald (dernier chapitre)
  • La situation de Toul à la veille de la Révolution, Jean-Paul Aubé
  • Actualité du musée, Philippe Masson
  • Règlement du prix Moselly 2026
 Les articles du 191 sont en ligne sur le site de la revue.

jeudi 12 février 2026

Retour sur la conférence du 10 février 2026

Saint-Just Péquart, mécène et collectionneur de l’École de Nancy

Conférence présentée par Étienne Martin, historien

    Le prénom de Saint-Just ne prédispose sans doute pas à la banalité. Et c’est un auditoire littéralement captivé qui a pu découvrir le parcours exceptionnel de Saint-Just Péquart lors de la conférence donnée le 10 février par Étienne Martin.

    Tout commence (presque) comme un conte de fées : un jeune bourgeois d’Épinal, beau, intelligent, est envoyé à Nancy pour ses études universitaires. Là, il fait la connaissance de Berthe César, dont il tombe amoureux, les deux jeunes gens partageant une passion commune pour la littérature et les arts. Dans le même temps, alors qu’il est âgé d’à peine vingt ans, Saint-Just hérite de la fortune de son père, riche entrepreneur décédé prématurément. Hélas ! La mère du jeune homme s’oppose farouchement à cette union, et nos deux tourtereaux devront attendre cinq (longues) années avant de pouvoir convoler. Par dépit (peut-être) Saint-Just dédaigne de reprendre l’entreprise paternelle, et se tourne vers la quincaillerie fondée par ses grands-parents à Nancy. Il manifeste malgré son jeune âge un esprit d’entreprise indéniable. Sous sa direction, l’établissement se modernise, s’accroît, se diversifie, assurant ainsi au couple, et de manière définitive, une fortune considérable.
    S’ouvre alors pour l’industriel une vie de mécène et de collectionneur qui ne prendra fin qu’à sa mort (tragique). Il soutient les artistes de l’École de Nancy, encourage la création, met en lumière les talents cachés, et meuble richement sa maison de Champigneulles puis de Laxou (l’actuelle mairie) où le couple reçoit avec la plus grande générosité.
    À partir des années 1930, Péquart se passionne pour l’archéologie et va désormais mener chaque année des campagnes de fouilles d’abord à Carnac puis en Ariège. Loin du dilettantisme de ses contemporains dans ce domaine, il met en place des méthodes scientifiques très rigoureuses qui le font rapidement reconnaître et estimer par les plus grands professionnels. Son traité sur les techniques de fouilles bouleverse les pratiques traditionnelles et continue aujourd’hui encore de faire autorité.
    Cette brillante carrière connaît hélas une fin brutale à la fin de la seconde guerre mondiale. Accusé (à tort ?) de sympathies pour la milice, Saint-Just Péquart est condamné à mort puis fusillé aux termes d’un procès expéditif.
    Sans qu’aient tenté aucunement d’intervenir en sa faveur ceux qu’il avait généreusement soutenus dans leurs débuts difficiles…