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jeudi 12 février 2026

Retour sur la conférence du 10 février 2026

Saint-Just Péquart, mécène et collectionneur de l’École de Nancy

Conférence présentée par Étienne Martin, historien

    Le prénom de Saint-Just ne prédispose sans doute pas à la banalité. Et c’est un auditoire littéralement captivé qui a pu découvrir le parcours exceptionnel de Saint-Just Péquart lors de la conférence donnée le 10 février par Étienne Martin.

    Tout commence (presque) comme un conte de fées : un jeune bourgeois d’Épinal, beau, intelligent, est envoyé à Nancy pour ses études universitaires. Là, il fait la connaissance de Berthe César, dont il tombe amoureux, les deux jeunes gens partageant une passion commune pour la littérature et les arts. Dans le même temps, alors qu’il est âgé d’à peine vingt ans, Saint-Just hérite de la fortune de son père, riche entrepreneur décédé prématurément. Hélas ! La mère du jeune homme s’oppose farouchement à cette union, et nos deux tourtereaux devront attendre cinq (longues) années avant de pouvoir convoler. Par dépit (peut-être) Saint-Just dédaigne de reprendre l’entreprise paternelle, et se tourne vers la quincaillerie fondée par ses grands-parents à Nancy. Il manifeste malgré son jeune âge un esprit d’entreprise indéniable. Sous sa direction, l’établissement se modernise, s’accroît, se diversifie, assurant ainsi au couple, et de manière définitive, une fortune considérable.
    S’ouvre alors pour l’industriel une vie de mécène et de collectionneur qui ne prendra fin qu’à sa mort (tragique). Il soutient les artistes de l’École de Nancy, encourage la création, met en lumière les talents cachés, et meuble richement sa maison de Champigneulles puis de Laxou (l’actuelle mairie) où le couple reçoit avec la plus grande générosité.
    À partir des années 1930, Péquart se passionne pour l’archéologie et va désormais mener chaque année des campagnes de fouilles d’abord à Carnac puis en Ariège. Loin du dilettantisme de ses contemporains dans ce domaine, il met en place des méthodes scientifiques très rigoureuses qui le font rapidement reconnaître et estimer par les plus grands professionnels. Son traité sur les techniques de fouilles bouleverse les pratiques traditionnelles et continue aujourd’hui encore de faire autorité.
    Cette brillante carrière connaît hélas une fin brutale à la fin de la seconde guerre mondiale. Accusé (à tort ?) de sympathies pour la milice, Saint-Just Péquart est condamné à mort puis fusillé aux termes d’un procès expéditif.
    Sans qu’aient tenté aucunement d’intervenir en sa faveur ceux qu’il avait généreusement soutenus dans leurs débuts difficiles… 
 

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