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mercredi 11 mars 2026

Retour sur la conférence du 10 mars 2026

    
     

Benoît Taveneaux, ancien président du musée de Saint-Nicolas-de-Port


    L’histoire de la bière est très ancienne comme l’atteste la découverte en Israël des vestiges d’une brasserie datant de 13 000 ans. L’extension de la fabrication de ce breuvage (cervoise avant que l’introduction du houblon lui confère le nom de bière) progresse et atteint la France il y a environ 2 500 ans comme le montre la découverte de grains d’orge maltés en Provence. Le nombre de brasseries explose après la Révolution, suite à l’abolition des privilèges.
    En Lorraine, de nombreuses brasseries voient le jour au XIXe siècle, à Metz, Charmes, Bar-le-Duc, Champigneulles, Saint-Nicolas-de-Port, Tantonville… Celles-ci bénéficient des nouveaux modes de transport (le rail permettant d’aller plus loin que les véhicules hippomobiles) facilitant la vente de cette boisson jusqu’à la région parisienne ainsi que la fourniture en orge depuis la Champagne.
    À la fin du XIXe siècle, la Lorraine était la première région française productrice de bière de fermentation basse et comptait plus de cent brasseries en 1890. Parallèlement, les méthodes de brassage évoluent permettant l’amélioration du produit ainsi que sa conservation.
 
Affiche publicitaire- Victor Prouvé
 
    Les brasseries ferment progressivement à l’issue des deux guerres mondiales. Néanmoins, les techniques sont enseignées à Nancy dans l’école de brasserie et de malterie initialement située rue Granville, actuellement regroupée au sein de l’ENSIA avec les écoles de laiterie et agronomie sur le campus de Brabois. Un centre de recherche, I.F.B.M. (Institut Français des Boissons, de la Brasserie et de la Malterie) s’est ouvert à Vandœuvre-lès-Nancy, au Bois de la Champelle.
    La Lorraine redevient un haut lieu de la brasserie française. Il est possible de visiter trois musées lorrains : le musée Français de la Brasserie à Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle), l’écomusée vosgien à Ville-sur-Illon (Vosges), le musée de la Bière à Stenay (Meuse).
    En outre, la région a vu s’ouvrir, ces dernières années, de nombreuses microbrasseries artisanales ou associatives, telles la Brasserie Cheval à Toul et celle du Chaudron à Chaudeney-sur-Moselle dans le Toulois. Alors que la moyenne était de 27 par département français, la Meurthe-et-Moselle en a compté jusqu’à 40.
    Dans Toul, ville de garnison qui était une grosse consommatrice de bière, le témoin de son histoire brassicole est encore visible en ville. 
  
Brasserie de Toul, rue Joly 

Faïence sur la façade de la brasserie de Toul

 
Symbole du brasseur, cette étoile évoque l'air, le feu et l'eau nécessaires à sa fabrication. Elle ne doit pas être confondue avec l'étoile de David. Elle est encadrée par des cônes de houblon et des brins d'orge.
(Façade de l'hôtel-brasserie de la Comédie, rue Gambetta à Toul)
 
Gambrinus, faïence de Toul Bellevue (Brasserie restaurant du Commerce, rue de la République à Toul)

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