Toute l'actualité du CELT : conférences, revue Études Touloises, prix Moselly...

mercredi 10 mai 2023

Retour sur la conférence du 9 mai 2023

François Dosé, né en 1947, ancien enseignant, député-maire de Commercy, a passé toute sa jeunesse dans la cité ouvrière de Sorcy où son père était employé aux fours à chaux. Il a présenté une conférence dynamique sur l'histoire des carrières, de l'usine et de la cité ouvrière.
 
 
Très anciens, les fours à chaux de Sorcy, dans la Meuse, se développent grâce au passage à proximité de la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg et des canaux de la Marne-au-Rhin et de l'Est construits au milieu du XIXe siècle. L'essor de la sidérurgie lorraine et la découverte du procédé Thomas-Gilchrist nécessitant l'utilisation de chaux pour transformer en acier le fer lorrain issu de la minette, trop riche en phosphore, sera mené par la famille De Wendel. Le site de Florange/Hayange en Moselle devient la principale destination.
Ainsi, pendant de longues années, la société paternaliste, fournira gratuitement sur place tout le nécessaire aux ouvriers travaillant dans la carrière ou dans l'usine : logement, école, chapelle, dispensaire, coopérative, cinéma, activités sportives… qui satisferont très longtemps le personnel, comprenant une grosse proportion d'immigrés italiens.
Petit à petit, et surtout du fait de l'acquisition d'automobiles (la 4CV ayant la cote !), les familles iront chercher à Commercy des offres culturelles, commerciales, scolaires, médicales… plus variées. Ainsi, la cité et ses annexes disparaissent progressivement.
Quant à l'usine, elle subit des améliorations techniques progressives. L'actuelle, très moderne, utilise moins de main d'œuvre pour de meilleurs rendements.
 
C'est avec un enthousiasme communicatif que le conférencier a décrit les conditions de vie sur place et leur évolution au cours du XXe siècle.
 
François Dosé est l'auteur de l'ouvrage :
Sorcy : Ses usines à chaux, sa Cité disparue
Paru en 2014 aux éditions DDM, 
Recueil ayant nécessité 4 ans de consultations d'archives et de rédaction.

lundi 8 mai 2023

Retour sur la sortie "nature et découvertes" du 6 mai 2023

9 heures 30, place de la fontaine à Void. Onze personnes sont prêtes à prendre le départ. Francis Specte mène le groupe.
 

Une grimpette sert de mise en jambes et permet d'accéder au sommet de la colline située au sud-ouest de la bourgade. Les marcheurs sont récompensés de leur premier effort par la vue magnifique sur les vallées du Vidus, de la Méholle et de la Meuse. Au pied de la Côte des Vignes, on devine le canal de la Marne au Rhin, thème de la balade.
 
 
À Vacon, un petit détour permet d'admirer la source (exsurgence) du Vidus, un joli lavoir à colonnes, un moulin, la rivière aux vifs courants dans lequel s'ébattent quelques truites et autres poissons plus modestes. Juste après l'avoir franchie sur un pont, apparaît, sur la gauche, l'usine élévatoire destinée à alimenter le canal en eau à Mauvages, 9 km plus loin, point haut du canal de la Marne au Rhin Est. Le bâtiment, construit sur le même modèle que celui de Valcourt à Toul, n'est pas ouvert aux visites.
 
Source du Vidus

 
Usine de Vacon
 
Puis le groupe s'engage dans la forêt en suivant la rigole d'alimentation vers le sud. Les rivières et sources ayant un débit suffisant pour alimenter le canal, la rigole n'est pas fonctionnelle à cette époque de l'année, et donc à sec ce jour-là. Son trajet est souterrain (siphon) au passage des vallons, encaissés.


Entrée d'un siphon, avec un étroit plan incliné destiné au gibier qui y serait tombé
 
Les marcheurs doivent, pour suivre la rigole, descendre puis monter des pentes raides, heureusement courtes. Les bras tendus aux moins agiles sont les bienvenus : les cailloux du sentier roulant sous les pieds. Une dernière descente et les marcheurs, qui commencent à avoir faim, empruntent un chemin qu'aurait pris Jeanne d'Arc à cheval, en février 1429, entre Vaucouleurs et Chinon.
Le groupe fait escale au port de Sauvoy pour la pause méridienne qui durera deux heures. Chacun sort son casse-croûte du sac.
 

Francis fait quelques rappels sur le canal, pour ceux qui auraient oublié les détails de la conférence du mardi 11 octobre 2022 donnée par Pierre Crétin. Marie raconte son enfance de fille de mariniers ayant navigué à bord d'une péniche Solvay. Pierre, ancien professeur au lycée professionnel Cugnot de Toul, raconte comment a été réalisée la maquette au 1/2 du fardier conçu pas l'ingénieur Nicolas Joseph Cugnot, né à Void au début du XVIIIe siècle.
Le retour vers le point de départ se fait à plat en longeant le canal par son chemin de halage herbeux. Cela permet de découvrir 5 écluses, des trop-pleins et diverses curiosités liées à la voie navigable. On y apprend qu'un "panama" n'est ni un chapeau, ni un pays avec son canal homonyme, mais un établissement situé à proximité d'une écluse, sorte de relais de poste, destiné au ravitaillement des chevaux et des mariniers. Ces bâtisses ont été aménagées en résidences privées, tout comme les maisons éclusières.
 

 

Paul a partagé ses connaissances botaniques en fonction des espèces rencontrées tout au long du trajet.
De retour à Void, c'est sur l'ancien château que se porte l'attention, Francis et Philippe fournissant les explications sur son histoire et son architecture.
 
Tour de la poterne avec sa belle canonnière, en bas, à droite
 
Après avoir parcouru 14 km, les participants ont soif ! Les trois troquets étant fermés, Bernard, le participant local, propose de venir prendre un rafraîchissement à son domicile. Cela permet de découvrir les rues du village traversé par le Vidus.

jeudi 27 avril 2023

Sortie depuis Void-Vacon

LE CELT organise une balade commentée par Francis Specte autour des ouvrages fluviaux de Void-Vacon, pour y découvrir notamment l’élévateur d’eau et faire un petit détour par Void pour une étape patrimoine.
 
Samedi 06 mai 2023
 
Rendez-vous à 08h45 : parking du magasin Colruyt (rue Louis Guingot à Toul : juste après le garage Peugeot-Citroën, sur la route de Blénod-lès-Toul).
Départ de la balade : place Cugnot à Void-Vacon
Principales découvertes : le château de Void, le canal, l'ascenseur à eau, la vie des mariniers...
Retour à Toul vers 18h 
 
Détails pratiques : 
12 km sur la journée, niveau facile, 
Prévoir des chaussures adaptées.
Repas tiré du sac (un abri est prévu pour le déjeuner si météo la météo était incertaine)
Le trajet se fera en covoiturage.
 
Inscription : celt.toul54@hotmail.fr
 
Cette sortie s'inscrit dans la continuité de la conférence de Pierre Crétin présentée en octobre 2022. 
 
Void-Vacon

 

mardi 18 avril 2023

Retour sur la conférence du 17 avril 2023 présentée au musée de Toul


 
Vincent Blouet archéologue (DRAC Lorraine) a présenté une conférence intitulée :
 
"La fouille du trou des Celtes à Pierre-la-Treiche revisitée à travers les données récentes sur le néolithique en Lorraine"
 
L'évolution des modes de vie des humains depuis les premiers hommes, il y a plus de trois millions d’années, suit l'évolution climatique de leur habitat dans notre région.
Au Paléolithique, règne en Lorraine un climat glaciaire. Une steppe peuplée d'une faune de zone froide couvre alors le territoire. Le climat se réchauffant, la forêt s'installe au Mésolithique avant de régresser à nouveau au Néolithique.
Les peuples, d'abord chasseurs-cueilleurs nomades, doivent s'adapter à ces changements. À partir du Néolithique, ils se nourrissent grâce à l'invention de l’agriculture et de l’élevage qui concorde avec leur sédentarisation. Cette évolution se fait très progressivement d'Est en Ouest, depuis le croissant fertile (zone de plaines alluviales du Moyen-Orient riches en terres fertiles irriguées par le Jourdain, l'Euphrate, le Tigre et le Nil). Il s'ensuit une forte croissance démographique. 
 
Les éléments trouvés dans le trou des Celtes à Pierre-la-Treiche datent de cette période néolithique, soit vers 3 000 ans avant notre ère. Cette grotte a été découverte en 1858 par Camille Husson. En 1932. Christian Chambosse (1914-2004 ; membre d'honneur de l'USAN), préhistorien, archéologue et spéléologue, a décrit les recherches et pièces trouvées dans cette cavité située sur la rive gauche de la Moselle. Elle était la sépulture d'une quinzaine d'individus.
 
Depuis les débuts de l'archéologie, cette science bénéficie du progrès des méthodes scientifiques telles que datation au carbone 14, palynologie, génétique…
 
La conférence fut richement illustrée d'un diaporama montrant des reproductions d'objets (pointes de flèches, fragments de poteries, fibules, ossements…), des cartes présentant la répartition des villages, notamment le long de la Moselle, de graphiques montrant les résultats de l'étude des pollens…
 
Vincent Blouet et Philippe Masson ont présenté quelques objets provenant du trou des Celtes conservés au musée de Toul.. 
 
Vincent Blouet et Philippe Masson (président du CELT)
 

mercredi 15 mars 2023

Retour sur la conférence du mardi 14 mars 2023

C'est une conférence sur les parfums F. Millot dynamique et originale qui a été présentée à Toul par Laurianne Millot et Odile Thiriot ce mardi 14 mars.
 


Originale parce que présentée par deux conférencières. "Ma fille est tombée très jeune dans l'alambic", a déclarée Odile, "nous sommes fusionnelles" a précisé Laurianne. Odile, ancienne intendante à l'éducation nationale, a présenté le côté historique de la famille et de la parfumerie, tandis que sa fille, parfumeur, s'est davantage attachée à décrire l'aspect technique de la parfumerie.
 
Une autre originalité de la séance a été la possibilité offerte à chaque membre de l'assistance d'humer certains effluves grâce à la distribution de "mouillettes". Tous ont apprécié de découvrir par ce moyen le prestigieux "Crêpe de Chine" emblématique de la maison Millot, mais aussi les surprenants arômes de coumarine, iris et d'héliotrope, servant de bases aux mélanges. Pour ce qui est de l'intérêt des arômes de synthèse, il réside dans le fait de ne pas dépendre des saisons et de la météo, d'être plus écologique au niveau de l'empreinte carbone et de ne pas nuire à la biodiversité sans contribuer à la raréfaction, voire la disparition de certaines espèces animales et végétales.
 
Parti de peu et de façon modeste, l'entreprise Millot a rapidement progressé pendant plusieurs générations, jusqu'à un succès que les guerres n'ont que momentanément entravé. Sa production a été présente sur le marché international de 1839 à 1980, certains produits ont été médaillés.
 


Enfin, le public a pu admirer de jolis flacons (sans être autorisé à les ouvrir au risque d'endommager leurs qualités), découvrir des modélisations de formules chimiques, feuilleter et acheter le livre F. Millot, parfumeur, De l'eau magique à crêpe de Chine, une histoire familiale, co-écrit par les deux femmes.
 

Guillaume Saltel fait don de son gain au prix Moselly à l'école de Tréguennec.

 

Ouest-France, 14 mars 2023