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mardi 18 avril 2023

Retour sur la conférence du 17 avril 2023 présentée au musée de Toul


 
Vincent Blouet archéologue (DRAC Lorraine) a présenté une conférence intitulée :
 
"La fouille du trou des Celtes à Pierre-la-Treiche revisitée à travers les données récentes sur le néolithique en Lorraine"
 
L'évolution des modes de vie des humains depuis les premiers hommes, il y a plus de trois millions d’années, suit l'évolution climatique de leur habitat dans notre région.
Au Paléolithique, règne en Lorraine un climat glaciaire. Une steppe peuplée d'une faune de zone froide couvre alors le territoire. Le climat se réchauffant, la forêt s'installe au Mésolithique avant de régresser à nouveau au Néolithique.
Les peuples, d'abord chasseurs-cueilleurs nomades, doivent s'adapter à ces changements. À partir du Néolithique, ils se nourrissent grâce à l'invention de l’agriculture et de l’élevage qui concorde avec leur sédentarisation. Cette évolution se fait très progressivement d'Est en Ouest, depuis le croissant fertile (zone de plaines alluviales du Moyen-Orient riches en terres fertiles irriguées par le Jourdain, l'Euphrate, le Tigre et le Nil). Il s'ensuit une forte croissance démographique. 
 
Les éléments trouvés dans le trou des Celtes à Pierre-la-Treiche datent de cette période néolithique, soit vers 3 000 ans avant notre ère. Cette grotte a été découverte en 1858 par Camille Husson. En 1932. Christian Chambosse (1914-2004 ; membre d'honneur de l'USAN), préhistorien, archéologue et spéléologue, a décrit les recherches et pièces trouvées dans cette cavité située sur la rive gauche de la Moselle. Elle était la sépulture d'une quinzaine d'individus.
 
Depuis les débuts de l'archéologie, cette science bénéficie du progrès des méthodes scientifiques telles que datation au carbone 14, palynologie, génétique…
 
La conférence fut richement illustrée d'un diaporama montrant des reproductions d'objets (pointes de flèches, fragments de poteries, fibules, ossements…), des cartes présentant la répartition des villages, notamment le long de la Moselle, de graphiques montrant les résultats de l'étude des pollens…
 
Vincent Blouet et Philippe Masson ont présenté quelques objets provenant du trou des Celtes conservés au musée de Toul.. 
 
Vincent Blouet et Philippe Masson (président du CELT)
 

jeudi 10 mars 2022

Retour sur la conférence du 8 mars 2022

"Les fouilles sur le site du Lycée Cugnot en 2020, bilan des découvertes" 
 
Jean-Denis Laffite 
Responsable scientifique 
INRAP Metz
 
 
 
L'INRAP est intervenu pendant 7 mois, de mars à octobre, sur 0,35 ha où la région Grant Est avait un projet d'agrandissement du lycée des Métiers du Toulois Nicolas Joseph Cugnot.
 
La parcelle était initialement un marécage traversé par l'Ingressin, situé au pied des fortifications moyenâgeuses.
 
 
Elle fut intégrée à la cité lors de sa fortification par Vauban. Les fouilles portant sur un remblai de 4 à 5 mètres d'épaisseur ont permis de retracer l'histoire de ce site occupé d'abord par le couvent des Cordeliers voisin et par l'évêché. Ce dernier y avait installé des écuries et un monumental pressoir. Un arsenal militaire y fut construit après 1838, puis rasé avant l'urbanisation du secteur situé entre le quai de la Glacière (ancienne rue des remparts) et la rue Qui Qu'en Grogne.
 
Une abondante et intéressante présentation cartographique et photographique a illustré les propos du conférencier. 
 
Des vestiges des murailles médiévales et du fossé ont été retrouvés, et un important volume de mobiliers y a été collecté. Celui-ci est sujet d'une étude plus complète. Propriété de la région, il est probable que ce trésor soit déposé au musée où les pièces les plus intéressantes pourront être présentées, et que, peut-être, une exposition sera organisée. 
 
 
Quant au site, il a été nivelé, la construction du lycée avance rapidement.

lundi 21 février 2022

Conférence du 8 mars 2022

"Les fouilles sur le site du Lycée Cugnot en 2020, bilan des découvertes" 
par Jean-Denis Laffite
Archéologue ingénieur de recherche à l’Inrap Metz. 
 
Des fouilles archéologiques ont été réalisés durant 7,5 mois de mars à octobre 2020, sur le projet d’agrandissement du Lycée des Métiers du Toulois N.- J. CUGNOT initié par la région Grand Est, et prescrits par le Service Régional de l’Archéologie de Lorraine, en amont des travaux de construction.
C’est tout un îlot urbain nouvellement créé entre 1700 et 1739, gagné sur les fossés médiévaux de la ville et du palais épiscopal et sur les berges de l’Ingressin, suite à la fortification de Toul par Vauban, qui a été redécouvert dans cette fouille de 0,35 ha.
Des dépotoirs urbains, domestiques et artisanaux installés sur les terrains vagues et les fossés marécageux à remblayer, ont livré un abondant mobilier XVIIe siècle et surtout XVIIIe siècle. Les fondations conservées de la basse-cour de l’évêché XVIIIe siècle attenante au nouveau palais de l’évêque Scipion-Jérôme Bégon, avec ses écuries, ses annexes et sa grange à pressoir, ont été mises au jour, ainsi que celles des hangars d’artillerie installés sur les jardins de cordeliers au XIXe siècle. 
 
Fossés du XVIIe siècle

 Grange épiscopale du XVIIIe siècle

La conférence sera présentée comme de coutume dans la salle des adjudications, cour de l'Hôtel de Ville de Toul, à 20h 30.
Pass sanitaire et masque obligatoires

dimanche 22 septembre 2019

Journée d'Archéologie Lorraine

L'ADRAL en collaboration avec le service régional d'archéologie, la ville de Toul et le Cercle d'Études locales du Toulois organise une journée de communication archéologique le

dimanche 6 octobre
au Musée d'Art et d'Histoire de Toul.
25 rue Gouvion Saint-Cyr

Les personnes intéressées par le repas (15€ par personne), doivent bien prendre soin de libeller leur chèque à l'ordre de l'ADRAL et le déposer au musée à l'intention du CELT avant le 27 septembre.


Invitation et inscription : cliquer >ICI<

Programme : cliquer >ICI<

lundi 20 juin 2016

Le musée rend hommage à Georges Steinbach (1905-1965)

L'histoire du CELT et celle du musée de Toul sont étroitement liées. Le CELT voit le jour en 1947/48 et Georges Steinbach en est le premier trésorier. La section archéologie avait alors comme chefs de groupe messieurs Liéger, Schott et Steinbach.
Ce dernier favorisa la renaissance du musée parti en fumée lors de l'incendie qui ravagea l'hôtel de ville en décembre 1939 en mettant à disposition une pièce de son domicile, rue de Rigny.
Georges Steinbach sera également un des premiers membres du jury du prix Moselly au sein du Cercle d'Études.

Un hommage mérité lui a été rendu en baptisant de son nom la première salle d'archéologie fraichement rénovée au musée rue Gouvion Saint-Cyr. L'inauguration a eu leu le vendredi 17 juin 2016 à l'occasion des journées nationales d'archéologie.

Alde Harmand, maire de Toul 
entouré de Claude et Daniel Steinbach, les deux fils de Georges.

Claude a retracé un émouvant portrait de son père avant de dévoiler les deux plaques rutilantes, gravées :

SALLE Georges STEINBACH

et

Georges STEINBACH
___

16-02-1905 - 20-10-1965
HISTORIEN
ARCHÉOLOGUE

(Une 3ème salle d'archéologie, salle Abel liéger, se situe au premier étage du musée)

jeudi 10 mars 2016

Séance du 8 mars 2016 #3 (résumé)

Aurélie Prévost s'explique : pourquoi me suis-je intéressée à ce sujet alors que je ne suis pas spécialiste de cette période de l'histoire ?

Aurélie Prévost

Aurélie enseigne l'histoire à des collégiens. Elle fut présidente des Jeunes Amis du Musée de 2005 à 2009 et cette fonction l'a conduite à hanter les salles du musée de Toul. Parmi celles-ci, la seconde salle d'archéologie au rez-de-chaussée du musée abritait (*) une vitrine consacrée au legs de l'abbé Jules de Vaux. Cette vitrine, située sous la fenêtre au fond de la salle, la fascinait, aussi, quand Catherine BOURDIEU de l'université de Lorraine a cherché des contributeurs sur les collections des musées en vue de la journée d’étude Collections et collectionneurs en 2014 pour le Groupe de recherche Les Trois-Évêchés, elle a tout de suite pensé à développer ce sujet et s'est lancée dans des recherches passionnantes.

(*) Les trois salles d'archéologie du musée sont en complète restructuration et la collection n'est pas visible actuellement. Elle le sera bientôt, partiellement puis en totalité au retour des quelques pièces présentées au musée de la Tour aux Puces à Thionville cet été.

Un préambule a permis de retracer le contexte archéologique dans lequel Jules De Vaulx a pu faire ses fouilles.
C'est au XIXe siècle que se développe l'archéologie orientale, marquée par la redécouverte des grands sites mésopotamiens. Le chanoine Drioton, lorrain également qui l'a précédé d'une génération, a fait l'objet d'une précédente conférence du CELT.

L'archéologie dans la littérature a pu séduire de Vaulx : les romans policiers d'Agatha Christie, épouse de l'archéologue Sir Max Mallowan et… Tintin

Jules de Vaulx est né en 1919. Élève d'abord au lycée Saint-Sigisbert à Nancy, il reçoit ensuite une éducation religieuse au grand séminaire de Villers-les-Nancy. Il est ordonné prêtre en 1945.

Jules de Vaulx en 1945 Jules de Vaulx (à droite au 1er plan) à Tell el Far’ah, 1951

Affecté à Lunéville (paroisse Saint-Jacques puis Léopold) il aura également un rôle de formateur au séminaire où il s'occupe de la bibliothèque diocésaine.
Sa carrière ecclésiastique se termine à l'église Sainte-Thérése de Villers-les-Nancy où il décède en 1995.

Le séminaire au début du siècle (carte postale de Pierre Boyer) et actuellement, au sein du domaine de l'Asnée

C'est à l'occasion de séjours à vocation religieuse qu'il est amené à s'intéresser à l'archéologie au Moyen-Orient, et c'est dans le cadre de fouilles dans les années 1950 qu'il rapporte une collection d'objets provenant d'Irak, de Palestine…

C'est en 1995 qu'il effectue son legs au musée de Toul où sont exposées 36 pièces provenant de Palestine, d'Irak ou d'origine imprécise, quelques autres se trouvant dans les réserves. On peut s'étonner de ce don à Toul où il n'a aucune attache alors qu'il a légué de nombreux objets de sa collection au musée lorrain à Nancy, mais rien à Lunéville où il a passé plus de 10 années. Il semble que cela puisse s'expliquer en grande partie par son amitié avec Michel Hachet, alors conservateur au Musée d'Art et d'Histoire.

Cylindre sigillaire, en pierre noire
Tablette et clou d'argile

L'exposé s'est achevé par une réflexion sur l'avenir de l'archéologie.
La législation a évolué et, de nos jours, il n'est plus légal de s'approprier ou d'acheter sur place de telles pièces.
Les troubles en Irak et Syrie sont responsables de la disparition par leur destruction irréversible d'éléments patrimoniaux mais actuellement les islamistes ont pris conscience de la valeur marchande de ces objets et leur vente constitue la seconde ressource de daesh avec le pétrole. Le commerce s'effectue majoritairement via les États-Unis, l'Allemagne et la France et se chiffre en milliards de dollars.
En revanche, la demande de récupération de la pierre de Rosette, actuellement à Londres, par l'Égypte, son pays d'origine, est significative de l'intérêt porté par certains pays pour leur patrimoine.

Article d'Aurélie Prévost sur Études Touloises

jeudi 12 mars 2015

Séance de mars 2015 #3 (compte-rendu)

Étienne Drioton - Égyptologue originaire de Nancy
Michèle Juret

Dès l'enfance, le Nancéien Étienne Drioton a manifesté une passion pour l'Égypte, heureusement encouragée par ses proches.
Né dans une famille catholique, (le père tient une librairie religieuse sur la place Stanislas, à l'emplacement de l'actuelle boutique Daum), il fait des études brillantes à Saint-Sigisbert, au séminaire de Nancy, puis à Rome et à Paris où il apprend l'égyptien et le copte.
C'est en Haute-Égypte que ses talents d'égyptologue et d'archéologue vont se révéler. Nommé directeur des Antiquités de l'Égypte malgré un rival féroce, il restera en fonction jusqu'à ce que sa sécurité ne soit plus garantie et que son retour en France s'impose en 1952. Il rejoint alors le musée du Louvre.
Il possède à son actif un nombre impressionnant de découvertes, ouvrages, articles, conférences, photographies… et a été gratifié d'un nombre non moins impressionnant de décorations.
Ce sont ses propres photographies qui ont illustré l'exposé de Michèle Juret qui a rédigé la biographie de cet homme hors du commun, mais hélas peu connu, à partir des nombreuses archives trouvées dans la maison de Montgeron (Essonne) où le chanoine termina sa vie.
Drioton était un personnage haut en couleurs, passionné, passionnant et jovial. On le voit sur sa photo officielle, coiffé d'un tarbouch et en costume civil, l'évêque de Nancy-Toul l'ayant dispensé du port de la soutane par ailleurs peu confortable pour se rendre sur les chantiers en chevauchant un âne !

Michel Hachet et Michèle Juret
Photo de Jean-Marie Voiriot, président de l'association Drioton


Michèle Juret


Séance dédicace à l'issue de la conférence