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jeudi 15 février 2024

Retour sur la conférence du mardi 13 février 2024

C'est un public fourni qui a suivi d'une oreille attentive l'exposé de Philippe Masson concernant une prestigieuse figure touloise au parcours exemplaire.
Né à Toul, rue de l'Ingressin en 1763, Laurent Gouvion est issu d'une famille modeste. Son père est tanneur. Sa mère très jeune, quitte le foyer familial alors qu'il n'a pas encore 4 ans. Il souffrira de cet abandon qui façonnera son caractère : taiseux, à tendance dépressive, solitaire et parfait honnête homme.
Doué en dessin, il débute une carrière artistique et à ce titre, enseigne à Toul.
 
Ce n'est qu'en 1792 qu'il embrasse une carrière militaire en s'engageant à 29 ans dans les chasseurs républicains de Paris. C'est alors qu'il associe à son nom celui de Saint-Cyr, rapport à une localité proche de Lyon où réside sa mère. Dès lors, son ascension est exceptionnelle et rapide le faisant accéder aux grades les plus élevés (général trois étoiles et enfin maréchal d'Empire). Fidèle toute sa vie à ses opinions républicaines, il sert néanmoins Napoléon Ier. Ne combattant jamais directement aux côtés de l'empereur, ce dernier ne peut apprécier réellement ses qualités de chef et de stratège, mais lui octroie néanmoins la légion d'honneur et le bâton de maréchal.
 
Laurent Gouvion Saint-Cyr est âgé de 66 ans lorsqu'il décède à Hyères. Il est inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise où son imposant tombeau comporte une statue sculptée par David d'Angers, artiste qui réalisa celle de Drouot située au centre du cours Léopold à Nancy. Cette statue est conforme au portrait peint par Horace Vernet dont une copie est propriété du musée de Toul.
 
Le général Gouvion Saint-Cyr à la bataille de Polotsk. Tableau d'Horace Vernet
 
  
Figurine en étain
 
Une rue de Toul proche de son lieu de naissance porte son nom : il s'agit de celle du musée, ancien hôtel Dieu où il fréquenta l'école dans sa prime jeunesse.

dimanche 24 novembre 2019

Cérémonie de remise du prix Moselly 2019

Courageuse, la lauréate du prix Moselly d'avoir, avec son conjoint, traversé la France d'ouest en est pour se rendre à la remise du prix. Ce fut un long voyage, ce samedi 23 novembre 2019.

Départ du village de Saint-Jean-sur-Couesnon dans l'Ille et Vilaine où réside le couple, après avoir confié leurs trois enfants (2, 5 et 8 ans) à la garde de leur grand-mère. Prendre le train (un TER) à la gare la plus proche. Traverser Paris au pas de course entre la gare Montparnasse et la gare de l'Est (les couloirs du métro à Montparnasse sont interminables) pour y attraper de justesse le train en direction de Nancy. Le trajet Paris-Nancy se fait en 1 heure 30 par TGV. Une correspondance à Nancy pour rejoindre Toul en TER, lequel emprunte une partie de la vallée de la Moselle. Marie y découvre avec étonnement la présence de cormorans sur la rivière, comme quoi, il peut y avoir d'étonnantes similitudes entre le Bretagne et la Lorraine. Et encore, elle n'y a pas vu les mouettes !

Une délégation du CELT, constituée de la secrétaire du prix Moselly et du trésorier, les a accueillis à la gare de Toul à 15 heures, et conduits à leur hôtel tout proche. Une chambre et deux petits-déjeuners leur étaient réservés, (frais payés par l'association).
Leur souhait de visiter seuls la ville dont ils avaient un plan, puis de se reposer avant la remise du prix a été bien entendu respecté.

18 heures 15 : la salle des mariages de l'Hôtel de Ville était pleine quand a commencé la conviviale cérémonie, il avait même fallu ajouter des sièges au dernier moment.
Après l'accueil par le maire, Alde Harmand, et par le président du CELT, Philippe Masson, la secrétaire, Corinne Florentin, a fait une rétrospective bien sympathique du prix Moselly dont on fêtait les 70 ans ; puis elle a invité Marie Roy à se présenter et à lire sa nouvelle "Les mouches à moteur".
À l'issue de la lecture, le public, séduit par son texte émouvant, n'a pas ménagé ses applaudissements.
Marie Roy, déclarée définitivement 61e lauréate (le prix n'ayant pas été décerné lors de 10 années) a alors reçu des mains du maire et de Gérard Howald, adjoint à la culture, un chèque de 500 euros et le livre "Toul fidèle à son histoire fière au présent", de Michel Brunner. Le CELT lui a offert le livre "Dans les pas de Moselly", un florilège de textes de l'auteur régionaliste, réalisé par le CELT, et 5 exemplaires du n° 170 de la revue Études Touloises, toute fraîche sortie de chez l'imprimeur, dans laquelle sa nouvelle est éditée. Marie Kiffer et Fabienne Barbilllon, deux artistes des Amis des Arts du Toulois, lui ont remis un diplôme original.

C'est autour du verre de l'amitié proposé par la ville que chacun a pu commenter la nouvelle, échanger avec Marie Roy, faire dédicacer sa nouvelle...

Vers 20 heures, les deux Bretons, les deux artistes, le président du CELT, une partie des membres du jury et leurs conjoints, se sont retrouvés au restaurant où, entre deux plats, la lauréate et son conjoint, tous deux invités par l'association, ont pu faire connaissance avec la vingtaine de convives.

Quant au CELT, il est heureux d'avoir récompensé une Celte ayant quelques liens généalogiques avec la Lorraine, du côté de Rombas et de Bitche ; cette dernière localité justifiant la "lorrainitude" de sa nouvelle.

Chronologie illustrée de la cérémonie :

 Alde Harmand, maire de Toul

Philippe Masson, président du CELT

Corinne Florentin, secrétaire du prix Moselly

Marie Roy, lauréate, en cours de lecture de sa nouvelle

Alde Harmand et Gérard Howald, adjoint à la culture, remettent le "gros" chèque de 500 euros et un livre sur Toul à Marie Roy

Les artistes Marie Kiffer et Fabienne Barbillon ont réalisé un diplôme original...

... que découvre la lauréate

Elle reçoit également le livre "dans les pas de Moselly" des mains de Philippe Masson

Le diplôme

Le numéro 170 des Études Touloises,
en vente à Toul (maison de la presse, librairie Bossuet) ou sur le site de la revue

mercredi 16 mai 2018

Alfred Renaudin [résumé de la conférence]


Membre de l’Académie Stanislas, chevalier des Arts et Lettres, Francine Roze a passé 45 ans à la direction du Musée Lorrain à Nancy.
Elle a rédigé une monographie : "Alfred Renaudin, Les couleurs de la Lorraine", ouvrage réalisé à l'occasion de l'exposition présentée au Musée du Château des Lumières à Lunéville en 2015.


Alfred Renaudin - 1866-1944
(Source image : l'Est Républicain)


"Alfred Renaudin. Au panthéon des artistes lorrains, ce nom est loin d’être ignoré. Pourtant, alors que des Émile Friant ou autres Étienne Cournault font aujourd’hui la gloire des cimaises, Renaudin n’est encore trop souvent perçu que comme un peintre de paysage. Limiter son œuvre à la seule thématique des paysages semble injustement réducteur, même si la peinture de paysage constitue effectivement l’essentiel de son travail. En effet, pour qui s’attache à lire ses tableaux, à les faire parler, à les décrypter, ils constituent bien plus que de belles compositions pittoresques et colorées. Ils sont des témoignages vivants, fidèles et véridiques d’une époque aujourd’hui révolue, dans laquelle prennent nos racines. Observer les paysages d’Alfred Renaudin, c’est découvrir mille choses à jamais disparues de la culture matérielle de nos aïeux, mille détails de ce que fut leur environnement. C’est prendre finalement conscience que Renaudin fut un observateur de talent, attentif à la vie quotidienne de ses contemporains autant qu’au patrimoine régional et qu’à l’actualité du moment."
                        Francine Roze

Renaudin partait à vélo pour aller travailler sur le terrain. On imagine l'équipage, avec sur le porte-bagages, l'amoncellement chevalet, tabouret, parasol, palette, pinceaux, boites de peinture, et, au sommet, le légendaire pot de géranium dont il se servait pour mette une touche de couleur vive sur son tableau.
Son œuvre est de l'ordre de 1000 toiles, mais une grande quantité a péri ainsi que la majorité de ses carnets dans l'incendie de son atelier en 1943. La plupart de ses toiles fait partie de collections particulières.

La conférencière s'est limité à parler de ses œuvres lorraines. Il est à noter qu'elles ont toujours un plan d'eau au premier plan, et que si des monument y sont représentés, ils sont souvent cachés derrière de la verdure, ce qui est le cas pour la cathédrale de Toul dont le tableau fait partie des collections du musée d'Art et d'Histoire de Toul.





mardi 7 février 2017

Conférence de février : L'essor de l'art du portrait en France et en Lorraine à l'époque romantique

Mardi 14 février 2017 à 20h30 salle des Adjudications
Entrée gratuite
Norbert de Beaulieu nous fait l'amitié de nous entretenir sur un sujet à la croisée de l'histoire et de l'histoire de l'art. Le conférencier a préparé une belle présentation, la voici in extenso.


L'essor de l'art du portrait en France et en Lorraine à l'époque romantique (1815-1848)

À l'époque de la peinture figurative, il existait plusieurs "genres": la peinture d'Histoire, le paysage, la nature morte et le portrait.
Celui-ci, d'abord considéré comme un genre mineur, connut un âge d'or au cours des "années romantiques". Les statistiques des Salons parisiens en témoignent : entre 1814 et 1844, la proportion des portraits exposés est passée de 8% à 32% !

Ce phénomène s'explique d'une part par un désir croissant de détenir et de transmettre un souvenir de soi, mais aussi par un nouvel état d'esprit, apparu en force après les guerres napoléoniennes: à la suite de la Révolution et de l'Empire, toutes les classes de la nouvelle société aspiraient d'abord à un apaisement, et rêvaient de trouver un refuge au sein de la Nature, comme l'avait déjà conseillé Rousseau, mais aussi dans le cercle familial. Jamais on n'avait accordé autant de place à l'expression de la sensibilité.

Ces éléments se retrouvent donc dans les portraits individuels ou de groupe, dans les très nombreux portraits d'enfants et aussi dans l'arrière-plan de ces tableaux, qui n'est jamais anodin et mérite que l'on s'y attarde. Le portrait romantique n'est plus un portrait d'apparat, mais un portrait profondément humain, un instant de vie. Les peintres, imprégnés de lectures, de musique et de théâtre, aspiraient à la perfection, mais aussi à la poésie et s'efforçaient de scruter et de restituer l'âme de leurs modèles. La mélancolie était dans l'air du temps; elle est perceptible dans la plupart des portraits (surtout féminins) de ces trois décennies, dont la charge affective ne peut laisser indifférent.

Mais chaque portrait est aussi un précieux document pour les historiens et les historiens de la mode. Que serait un livre d'Histoire, une biographie sans portraits ? Grâce aux détails vestimentaires et aux accessoires minutieusement et magistralement rendus par les crayons ou les pinceaux, une datation très précise des œuvres est possible. L'apparition de la "coiffure à la girafe", en 1827, celle des "manches à gigot" et de la silhouette féminine "en sablier" des années 1830 ne manqueront pas de nous faire sourire aujourd'hui, mais elles étaient prises très au sérieux par les élégantes de l'époque, et ce dans toute l'Europe, car Paris donnait le ton ! Et ces toilettes ont en fait beaucoup de charme et de raffinement. Nous ferons donc un voyage chronologique dans le temps, entre le Ier Empire et la fin de la Monarchie de Juillet, en suivant l'évolution de la mode.

Les grands ateliers de formation étaient à Paris et accueillaient de nombreux jeunes peintres venus de province et de l'étranger. Seuls les meilleurs d'entre eux avaient le privilège de suivre les cours des maîtres. L'École des miniaturistes lorrains, autour de Jean-Baptiste Isabey, est certes bien connue. 

Jean-Baptiste Isabey (1767-1855)


Mais de nombreux portraitistes d'origine lorraine ont également fait leurs preuves dans les portraits de grand format : ils furent très appréciés non seulement dans la capitale, mais aussi par une clientèle étrangère, comme à Londres pour le Nancéien André Léon Larue dit Mansion ou à la Nouvelle-Orléans pour Jean-Joseph Vaudechamp, élève de Girodet né à Rambervillers...
Il est tout à fait plausible de parler d'une "autre Écoles de Nancy", antérieure à celle que nous connaissons, et d'en réhabiliter les membres éminents, parmi lesquels des femmes ! 

Ce sera l'objet de cette conférence.

mercredi 9 décembre 2015

Séance du 8 décembre 2015 #3 Olivier De Penne (résumé)

La conférence ne portait pas spécifiquement sur le chien, mais  sur l'intérêt scientifique des peintures animalières d'Olivier Penne en général.



Bernard Denis a en effet commencé son exposé par la présentation de races d'animaux d'élevage dont certaines ont plus ou moins disparu, ou ayant évolué par sélection. Il s'agit généralement d'aquarelles représentant des lapins, des cochons, des moutons, des taureaux et des vaches…

Léporides

Dans la seconde partie, il a présenté les chiens de chasse ou non, tels deux chiens chiwawa sur un fauteuil. Il a développé la surprenante différence entre entre le chien à tête anglaise (tête large, oreilles plantées haut) et le chien à tête française (au museau plus long, grandes oreilles papillonnées, plantées bas par rapport aux yeux) et leur présence historique dans la peinture animalière.


Chien à tête anglaise (à gauche) et chien à tête française (en haut)


Enfin, l'exposé s'est terminé sur quelques tableaux représentant des scènes de chasse.

Signature d'Olivier de Penne

Des œuvres d'autres peintres ont illustrés les propos du conférencier : livre de chasse de Gaston Phébus, Goya, Courbet, Rosa Bonheur…

Goya - Chiens et outils de chasse

Une conférence claire, vivante, abondamment illustrée et bien documentée par un spécialiste qui se dit le dernier de sa lignée de ethnozootechnologues. En effet, la recherche animale ayant pour support la peinture et l'histoire n'est plus en vogue ; elle est remplacée par des méthodes plus fondamentalement scientifiques.

Bernard Denis était déjà intervenu par deux fois au musée de Toul. C'était sa seconde invitation par le CELT, la première avait eu pour sujet les animaux peints par Rosa Bonheur en octobre 2013.


Bernard Denis

Bernard Denis est docteur vétérinaire,
professeur honoraire de zootechnie de l'école vétérinaire de Nantes,
membre de l'Académie d'Agriculture.
Il est président de la société d'Ethnozootechnie depuis 1996.






mardi 8 décembre 2015

Séance du 8 décembre 2015 #2

Les chiens de chasse dans la peinture du 19ème siècle

Chien de chasse à l'arrêt

Hallali du cerf dans l'étang de Sylvie - Chasse du duc d'Aumale en 1880

Dans le cadre de ses conférences mensuelles, le Cercle d’Études Locales du Toulois  a invité monsieur Bernard Denis, le mardi 8 décembre 2015. Président de la Société d’Ethnozootechnie, ce professeur honoraire de l’École vétérinaire de Nantes présentera Olivier de Penne (1831-1897), peintre animalier spécialiste des chiens de chasse, particulièrement intéressant au plan scientifique. Comme Léon Barillot, qui a fait l’objet, il y a quelques années, d’une animation dans le cadre "D’une heure, une œuvre" au Musée d’Art et d’Histoire de Toul, il a collaboré au Journal d’Agriculture Pratique en représentant des animaux de ferme primés dans les concours. Un échantillon de planches parues dans ce journal fera l’objet d’un commentaire au cours de la soirée. Mais Olivier de Penne est surtout connu comme peintre des chiens de chasse, spécialement des chiens courants. De nombreuses toiles nous montrent ces derniers tels qu’ils étaient à l’époque. Certaines races ont disparu, d’autres ont évolué, d’autres enfin se sont peu modifiées. De belles scènes de chasse font également partie de son œuvre. En marge des peintures d’Olivier de Penne, la conférence sera également l’occasion de poser quelques questions sur l’évolution des chiens de chasse depuis le célèbre "Livre de chasse" de Gaston Phoebus, Comte de Foix, manuscrit enluminé de la fin du 14ème siècle.
La conférence se déroulera exceptionnellement à 20h30 au Musée d’Art et d’Histoire, rue Gouvion Saint-Cyr. 

Entrée libre

lundi 30 novembre 2015

Séance du 8 décembre 2015 #1 (invitation à la conférence)


Scène de chasse en hiver, 1897, huile sur bois

mardi 8 décembre 2015
au musée de Toul - salle des tapisseries
à 20h30

Olivier de Penne (1831-1897), peintre animalier, spécialiste des chiens de chasse

Conférence présentée par Bernard Denis
professeur honoraire de l'École vétérinaire de Nantes
président de la société d'ethnozootechnie
Entrée libre et gratuite