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mercredi 27 novembre 2019

Hommage aux 70 ans du prix Moselly, et présentation du cru 2019

À l'occasion de la remise du prix Moselly 2019 à Marie Roy, la secrétaire, Corinne Florentin, a souhaité honorer les 70 ans du prix par une rétrospective, avant de présenter le cru 2019.

 Corinne Florentin (à droite) à côté de Marie Roy, lauréate 2019

Voici le texte de l'intervention de Corinne Florentin :


Le prix Moselly fête donc ses 70 printemps. 70 ans, quel bel âge !

Cela représente environ 800 participants au prix, 800 participants qui ont glissé leur plume sur le papier pour, dans nos cœurs, faire vibrer notre belle Lorraine.
Bon d'accord, aujourd'hui, le papier est aussi virtuel : mais nos cœurs vibrent tout autant.

Revenons donc quelques instants sur ce long parcours de près de trois générations.

Pour cette intéressante, je l'espère, et amusante rétrospective, j'ai puisé mes sources dans les précieuses informations d’Études Touloises, et notamment dans l'article de Claude Flaczinsky publié pour les 50 ans du CELT.

Donc, à la fin de l'année 1948, naît le Cercle d’Étude Locales du Toulois avec tous les domaines qu'il se propose de promouvoir : archéologie, histoire de l'art, architecture, traditions populaires, tourisme, géographie, musique, cinéma, photographie et même la littérature, et en créant, le 6 mai 1949, le premier règlement du prix Moselly.

Dès 1949, le conseil municipal, enthousiasmé par le projet, selon les mots d'une secrétaire du prix Moselly en 2002, Véronique Florentin, octroie une subvention.
- en 1959, elle sera de 50 nouveaux francs,
- en 1964, de 150 francs et deux récompenses – l'article ne dit pas lesquelles mais depuis longtemps maintenant, les Amis des Arts offrent le diplôme original au lauréat,
- en 1969, 200 francs,
- en 1991, le comité est informé que la ville de Toul a décidé de porter à 2000 francs la dotation du Prix,
- en 1999, au passage à l'euro, elle passe à 305 euros
- en 2002 elle est de 382 euros : c'est la somme reçue par Josette Codron.

Mais revenons en 1949. Cette année-là, 43 nouvelles ont été reçues : le lauréat fut Georges Uriot pour « Le dernier vigneron ».

En octobre 1951, le CELT met en place un comité Moselly sous la présidence de Marie Royer, qui venait d'être, l'année précédente, la 2ème lauréate du prix, avec « Les deux désirs de la Clarisse ». En 1951, aucun prix n'est attribué. D'ailleurs, depuis 1949, par 10 fois le prix n'aura pas été remis.

Le 3 mars 1952 : nouveau règlement du prix Moselly. Il sera revu régulièrement. La dernière fois, c'était cette année pour y introduire l'aspect électronique : les participants envoient aussi leur nouvelle en version informatique.

En 1957, c'est le fils d’Émile Moselly, François Chénin, qui vient remettre le prix à Jean-Michel Risser, récompensé pour sa nouvelle « Le catalogue », qu'il a signée du pseudonyme Jean Amant. François Chénin viendra remettra une seconde fois le prix en 1966 pour le lauréat 1965, Yvon Régin, dont la nouvelle s'intitulait « Théophile » - à cette période, le prix était remis au printemps, sans doute pour lancer la nouvelle saison - comme on dit maintenant.

Puis le secrétaire du prix Moselly fut Charles Hoffmann. Il déménage à Nancy en 1964, mais conserve « la lourde charge du secrétariat » – selon les mots de Michel Hachet. Je cite Monsieur Hachet pour valoriser ma lourde charge de secrétaire ! Mais ô combien passionnante !

Hélas, en 1965, Charles Hoffmann meurt et c'est Madame Bertrand qui lui succède au poste (elle n'a pas été participante au prix).

En 1966, c'est Alain de Looz-Corswarem qui reçoit le prix Moselly pour « Quand j'étais enfant de chœur ». Il deviendra à son tour secrétaire du prix Moselly, donc après Marie Royer. Il est le 2ème lauréat à devenir secrétaire : je ne veux pas vous mettre la pression, Marie Roy, mais il se pourrait qu'un jour...

Poursuivons :

En 1967, ce sont 34 nouvelles qui ont été lues par le comité du prix Moselly. 36 en 2017, et 28 ces deux dernières années.

Je souligne qu'en 1969, Jean-Pierre Ziegler reçoit le prix pour « Eléonore » ; en 1981, Irène Génin-Moine pour « Le vin de messe », en 2002 Josette Codron pour « Le cadet ».

Et c'est en 1970, qu'Alain de Looz-Corswarem relance l'idée d'une présélection des nouvelles par un jury local, suivie d'une élection par ses membres plus ceux d'un jury extérieur. C'est toujours valable aujourd'hui.

En 1972, lors de la remise du prix, est projeté un film issu de la nouvelle de Marie Royer dont le titre était – pour voir si vous avez suivi : « Les deux désirs de la Clarisse », film tourné à l'été 1970 à Toul, Bicqueley et Gibeaumeix. L'an dernier c'est le film tiré de la nouvelle de Jean-Pierre Ziegler qui a été projeté au CELT lors de la dernière assemblée générale.

Comme on peut le voir, à lui tout seul, le prix Moselly s'inscrit dans de nombreux domaines promus par le CELT : archéologie (c'est ce que je suis en train de faire !) cinéma, tourisme, et… géographie par les envois de nouvelles des quatre coins de la France, ou encore nos traditions populaires souvent illustrées dans les nouvelles.

Poursuivons le chemin à travers le temps : en 1974 une naissance : celle d'un beau bébé de papier, j'ai cité : Études Touloises ! Revue dans laquelle paraîtront désormais les nouvelles gagnantes. Je note d'ailleurs que pour ce 70ème anniversaire, le prix Moselly est publié dans le 170ème numéro d’Études Touloises. C'est vrai, ça ne veut rien dire, mais c'est étonnant !

En 1975, c'est Pierre Goudot qui succède à Alain Looz-Corswarem. Il est vrai qu'il n'a pas participé au prix, mais il a carrément été « le spécialiste d'Émile Moselly » dont il a étudié la vie et l'œuvre.
Pierre Goudot a été secrétaire jusqu'en 1979, mais il est resté membre du jury jusque l'an dernier. J'ai eu le grand plaisir de parler avec lui au téléphone, c'est le plus ancien secrétaire que j'aie pu connaître. On peut dire de lui qu'il est resté « Moselly » jusqu'à la fin de ses jours, car il nous a quittés peu après avoir décidé de quitter le jury car il se sentait fatigué.
C'est d'ailleurs lui qui écrit sa biographie dans le livre « Dans les pas de Moselly… » que nous offrirons tout à l'heure à Marie Roy.

Ensuite, c'est Yvonne Dayer qui a succédé à Pierre Goudot en 79 (pas participante non plus, finalement Marie Roy vous pouvez peut-être être tranquille !)

En octobre 83, un recueil de nouvelles du prix Moselly sort des presses : « En Lorraine au coin du feu ».
En 1987 du suspense ! Inquiétude au prix Moselly : Yvonne Dayer n'a vu personne, ou presque, à son bureau pour retirer le règlement du prix Moselly. Inquiétude vaine cependant puisqu'un prix a bien été attribué cette année-là à Vincent Decombis pour « Gangsters de terroir ».

En 1998 est lancée l'idée de présenter le prix Moselly sur Internet. Depuis c'est chose faite : c'est Micheline Montagne, qui avait succédé à Josette Codron, qui a lancé les informations numériques relayées par le site d’Études Touloises.

Depuis cette année, en 2019, nous demandons aussi aux participants l'envoi d'un format numérique de leur nouvelle. Le système se met en place. Il permet un gain de temps pour la secrétaire, et des économies de papier et de timbres pour le trésorier.

À noter que les participants, durant longtemps, payaient leur participation en timbres postes (20 timbres à 46 centimes au début du siècle). Aujourd'hui, c'est un chèque de 10 euros pour couvrir les frais générés par le prix Moselly : heureusement car j'ai encore quelques timbres en stock à utiliser.

C'est donc cette ouverture au numérique qui permet à de jeunes Bretonnes de participer au prix Moselly, mais aussi à d'autres Lorrains.

15 Lorrains cette année sur les 28 participants, dont 14 Meurthe et mosellans (10 l'an dernier), 1 alsacien et 4 de la région parisienne, l'Ain, l'Yonne (Sens), Lyon (69), la Loire atlantique (44), les Alpes maritimes (06) Nice, l'Allier (03) Montluçon, et le Puy de Dôme (63) Lempdes.

Un tout petit peu plus d'hommes (15) que de femmes (13).

Le milieu professionnel ayant trait à l'écriture est très représenté (10 personnes en activité professionnelle ou retraitées) : outre les personnes de l'éducation nationale, un traducteur et une linguiste.
- beaucoup d'étudiants cette année : 4,
- 10 retraités (11 l'an dernier 39%).

Cette année, 23 premières participations (79%). C'était 22 l'an dernier.

La première fois aussi pour Marie Roy, première fois au prix Moselly, mais votre parcours est semé de prix couronnant vos écrits.

Parlez-nous de vous !

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